Dans le cadre de leur stratégie de décarbonation, les Activités Fret des CFL ont entamé une transformation profonde de leur logistique au terminal intermodal de Bettembourg-Dudelange. Cette transition se matérialise notamment par le remplacement progressif des tracteurs de terminal thermiques — petits tracteurs routiers spécialisés et conçus pour manœuvrer rapidement les semi-remorques sur de très courtes distances au sein des plateformes logistiques — par des modèles 100 % électriques. Une initiative volontaire, soutenue par un subside européen (CEF – programme PULSE), qui vise à réduire les émissions de CO₂, optimiser les coûts énergétiques et améliorer les conditions de travail. Paul, Directeur adjoint CFL terminals, et Noémie, opératrice PAF (plateforme d’autoroute ferroviaire), nous expliquent les enjeux de cette mutation.

Une stratégie écologique et volontaire

Pourquoi les Activités Fret des CFL ont-elles entamé l’électrification de leur flotte de tracteurs de terminal ?

Paul : Cette évolution répond à une double logique : environnementale et opérationnelle. Il ne s’agit pas seulement d’une question d’image écologique, mais également d’une stratégie d’efficacité à long terme. L’électrique est plus propre, moins bruyant, plus confortable pour notre personnel, et moins coûteux en fonctionnement. Depuis plus de dix ans, nous remplaçons progressivement tous nos véhicules de service par de l’électrique. Les tracteurs étaient l’étape suivante logique.

Quels sont les objectifs fixés à moyen et long terme ?

Paul : Notre objectif est clair : une flotte de tracteurs de terminal 100 % électrique d’ici 2027. Nous avons déjà reçu quatre tracteurs électriques entre juillet et septembre 2024. Les quatre tracteurs thermiques restants seront remplacés en 2026 et 2027.

Performance énergétique et rentabilité

Pourquoi investir dans un véhicule électrique malgré un coût à l’achat plus élevé ?

Paul : Un tracteur électrique coûte aujourd’hui environ deux fois plus qu’un thermique. C’était même trois fois plus en 2021. Mais il faut voir plus loin. En cinq ans, le coût global devient inférieur : consommation de carburant nulle, peu de maintenance, aucune vidange, moins de pièces d’usure. Et la durée de vie dépasse largement ces cinq années.

Qu’en est-il de l’autonomie ?

Paul : Les tracteurs ont une autonomie de 7 heures. Mais sur un poste de 8 heures, le temps de conduite effectif n’excède pas 3 heures. On peut recharger pendant les pauses. Une charge complète dure environ 45 minutes. Des bornes supplémentaires sont déjà installées sur le site et d’autres sont prévues.

Et en hiver ?

Paul : Même en hiver, les performances restent stables. La consommation passe de 17 kWh à 23 kWh, mais les pauses et les opportunités de recharge permettent de maintenir l’autonomie. Les batteries sont assistées par une pompe à chaleur qui gère efficacement la température de l’habitacle et des systèmes internes.

Avez-vous rencontré des difficultés techniques ?

Paul : Oui, comme toute technologie nouvelle, nous avons connu quelques « maladies de jeunesse ». Certains composants étaient sous-dimensionnés et il a fallu ajuster les paramètres logiciels aux réalités du terrain. Mais aujourd’hui, les machines sont stables. Nous n’avons jamais eu de tracteur à sec grâce à une bonne gestion de la recharge.

Formation et adaptation du personnel

Comment les opérateurs et opératrices ont-ils été préparés ?

Paul : Nous avons mis en place une formation standardisée. Elle comprend une phase théorique, de la pratique, un test écrit, un accompagnement sur plusieurs semaines, et la délivrance d’un permis interne. Cela concerne tous les équipements, pas uniquement les tracteurs de terminal.

Des réticences ont-elles été observées ?

Paul : Bien sûr. Nous avons eu quelques personnes qui étaient réfractaires au remplacement des engins. Il y avait la crainte de l’inconnu, la peur que la batterie soit vide avant la fin du poste, ou d’endommager du matériel neuf. Avec de la pédagogie et de l’accompagnement, ces véhicules ont progressivement été adoptés.

Amélioration du confort et de la sécurité

Noémie, quels changements as-tu constatés au quotidien ?

Noémie : J’étais sceptique au départ, par peur de la nouveauté ou encore de casser quelque chose. Mais dès que je suis montée dedans, j’ai changé d’avis. Le confort est supérieur : meilleure assise, accoudoirs, visibilité, silence. Il n’y a plus d’odeurs, ni de vibrations. La ceinture à trois points renforce la sécurité. Et à la conduite, c’est fluide, réactif, plus stable. On sent que ces machines ont été conçues pour nous faciliter le travail.

Est-ce que cela a demandé un temps d’adaptation ?

Noémie : Oui, tout à fait. Il faut simplement adopter de nouvelles habitudes et apprendre à s’organiser pour la recharge. Mais cela se fait naturellement. Brancher la machine dès que l’occasion se présente devient un réflexe. Finalement, ces nouvelles routines apportent une certaine tranquillité dans notre travail au quotidien.

Une transition en marche

Quelles sont les prochaines étapes ?

Paul : Nous prévoyons de remplacer les quatre derniers tracteurs thermiques d’ici 2027. En parallèle, nous allons renforcer notre infrastructure de recharge. Ce n’est pas juste une modernisation : c’est une nouvelle façon de penser la logistique. Nous voulons être prêts à opérer efficacement, même lors des pics d’activité. Et surtout, contribuer à une mobilité plus propre. Revenir en arrière ? Ce n’est plus une option.

Chez CFL terminals, chaque décision verte s’incarne dans des résultats concrets : baisse du bruit, confort opérateur, économies d’énergie, réduction de l’empreinte carbone. Portée par une vision à long terme, cette transition est déjà bien engagée. Vous aussi, participez à la mobilité de demain en rejoignant les CFL sur jobscfl.lu.

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