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Embarquons avec Gilles, anciennement conducteur de trains, formateur de conducteurs de trains, dirigeant de la cellule formation conduite, désormais Coordinateur Projets et Digital Learning au sein du Service Formation et Développement. Il incarne à merveille notre nouvelle série « Cheminer aux CFL ».

Si vous êtes de ceux qui pensent qu’une carrière chez nous est linéaire et immuable, alors en voiture ! Découvrons ensemble son parcours atypique au sein des CFL !

Bonjour Gilles, aujourd’hui tu es Coordinateur Projets et Digital Learning, mais cela n’a pas toujours été le cas. Peux-tu nous dire quand et comment tu es entré aux CFL ?

Je suis entré aux CFL en septembre 2000. J’avais le choix à l’époque entre continuer mes études ou aller travailler. La visite des CFL à mon lycée pour promouvoir certains postes a joué un grand rôle dans mon choix final. Je me suis dit : pourquoi ne pas tenter le métier de conducteur de trains ? À seulement 19 ans j’ai donc commencé la formation pour devenir conducteur de trains, une première aux CFL à l’époque pour quelqu’un d’aussi jeune que moi. La formation a duré 24 mois et portait sur les trois réseaux : Luxembourg, France et Belgique, pour le transport de voyageurs et de fret. En septembre 2002, à la fin de ma formation j’ai donc fait mes premiers pas en tant que conducteur de trains.

Que s’est-il passé ensuite ?

J’ai eu envie d’évoluer vers le poste de formateur, et pour ça il fallait passer un « examen de promotion ». À la même période, il y a eu la création de la filiale CFL Cargo, on m’a proposé d’être muté là-bas pour y mettre en place la cellule de formation continue avec un autre formateur expérimenté. Je devenais également responsable de l’encadrement et du suivi d’une soixantaine de conducteurs. J’ai accueilli cette opportunité comme un challenge, j’étais jeune et il fallait tout créer de zéro. Ce fut pour moi une très belle expérience. Une fois la cellule de formation mise en place au sein de CFL Cargo, le recrutement de nouveaux formateurs a eu lieu afin de renforcer notre équipe.

On m’a alors proposé d’intégrer le Centre de Formation et de devenir formateur à la Maison mère. Avec mes deux années d’expérience, je me sentais capable de revenir à la Maison mère et de m’ouvrir à de nouvelles perspectives d’évolution. Pendant quatre ans, j’ai donc été instructeur-formateur et examinateur de conducteurs de trains pour les réseaux luxembourgeois et belge.

À la Maison mère des CFL, les métiers et les fonctions sont organisés en « carrières », dont l’accès est défini par le niveau de diplôme. Les grades les plus élevés des carrières sont seulement accessibles par le biais d’un « examen de promotion ». Il est également possible de changer de carrière dans le cadre d’une mobilité interne, en réussissant un examen dédié.

Et en 2012 ?

Une nouvelle opportunité s’est présentée à moi lorsque la place de Dirigeant de la Formation conduite s’est libérée. Je n’ai pas hésité et je me suis lancé. Je connaissais déjà l’équipe, je me sentais capable de prendre le rôle de manager. Je suis devenu Dirigeant de la Formation Conduite au sein du Centre de Formation des CFL.

Les changements ne se sont pas arrêtés là ! Raconte-nous comment s’est passé ce dernier virage.

J’ai exercé ce poste jusqu’en 2018, quand une nouvelle opportunité s’est présentée à moi. Le Service Formation avait besoin d’un Coordinateur Projets pour la mise en place d’une plateforme de formation en ligne (un LMS, pour Learning Management System) et pour le suivi de divers projets en interne. J’ai tout de suite été intéressé par cette proposition afin de faire avancer des projets interne au service et de faire évoluer les formations vers le digital learning . J’ai beaucoup aimé cette démarche de partir d’une idée concrète jusqu’à un produit fini. Cela représentait pour moi un nouveau challenge, et le timing était bon car je souhaitais également donner l’opportunité à d’autres formateurs de mon équipe d’évoluer en compétences et acquérir une autre fonction au sein du Service Formation.

Il y a eu beaucoup de changements de cap, quels en ont été les éléments déclencheurs ?

Mon instinct naturel me pousse à découvrir de nouveaux horizons, je n’aime pas rester stable à une même place, j’ai besoin de me remettre en question en permanence. Dès ma formation de base j’avais déjà eu envie d’évoluer dans l’entreprise et transmettre mon savoir par le biais de postes comme formateur/instructeur et de travailler en équipe. La rencontre de deux formateurs passionnés par le ferroviaire m’a aussi beaucoup inspiré. Ils m’ont donné envie d’évoluer, tout en restant dans le domaine de la traction. Les CFL m’ont permis de découvrir de nombreux métiers et environnements de travail différents et m’ont donné la possibilité d’évoluer en entreprise.

En quoi tes mobilités internes passées te sont-elles utiles aujourd’hui ?

Mon background ferroviaire assez solide m’aide beaucoup dans la mise en place de nouveaux projets : le simulateur de conduite est en constante évolution, la plateforme LMS poursuit son déploiement, il y a encore de nombreux projets internes pour améliorer nos formations. C’est dans ce sens que j’essaie d’apporter mon soutien, mon expertise et ma gestion dans les équipes. Après plus de 20 ans aux CFL, je connais beaucoup de collaborateurs dans divers services, ma capacité à mobiliser les équipes et à travailler étroitement avec eux est un atout.

Avais-tu certaines attentes ou appréhensions particulières avant de te lancer dans la mobilité interne ? Comment se sent-on avant de sauter le pas ?

La seule crainte que j’avais au début était liée à mon jeune âge. Vais-je être bien accepté par les anciens conducteurs ? Comment gérer les conflits avec quelqu’un qui a 20 ans de plus que moi, suis-je légitime ? À ce propos nous avions justement reçu une formation pour la gestion des situations délicates, mais je touche du bois, elle ne m’a jamais servi. Tout s’est toujours très bien passé, tout le monde a toujours été très bienveillant avec moi.

Passer de conducteur à formateur est un cap, certains collègues conducteurs auraient pu voir ce changement comme une prise de distance de ma part, mais pas du tout : je suis resté accessible et ouvert et ils sont venus vers moi très naturellement. Ma devise : Ne pas oublier d’où l’on vient. Il y a toujours en moi une partie « conducteur de trains », je n’ai pas perdu de vue mes racines.

Ma devise : Ne pas oublier d’où l’on vient. Il y a toujours en moi une partie « conducteur de trains », je n’ai pas perdu de vue mes racines.

Cela n’a pas été trop déstabilisant justement de te lancer dans un domaine éloigné de ton parcours initial ?

Le plus compliqué finalement pour moi, c’était de « couper » avec le domaine de la traction quand je suis passé au digital learning. Je suis resté présent et accessible en cas de besoin et demande d’appui de nos formateurs ainsi que de mon successeur, mais après quelque temps il faut lâcher prise et se concentrer sur sa nouvelle fonction.

Concernant le digital je n’avais aucune appréhension. Je considère plutôt cela comme une opportunité de compléter certaines formations avec l’aide des médias modernes adaptés. La dimension digital learning fait évoluer les méthodes d’apprentissage pour la nouvelle génération, très ouverte à ce type de médias pédagogiques. C’est un challenge quotidien, il faut être en constante innovation. Les formateurs doivent s’adapter et évoluer au même rythme que le digital. Cela fait gagner en temps et en qualité d’enseignement : exercer une théorie en pratique avec la réalité virtuelle, avant de se lancer vraiment dans la pratique, c’est un atout énorme que l’on donne aux stagiaires par exemple : un premier pas sans danger. Mettre à disposition des parcours de formation e-learning sur des thématiques ferroviaires va augmenter l’intérêt de se tourner vers une formation digitale qu’ils peuvent consulter, et va les préparer encore mieux à leur examen final.

Tu as pu travailler seul et en équipe, et expérimenter différents rythmes de travail, finalement qu’est-ce qui te convient le mieux ?

Les rythmes sont très différents : lorsque l’on est conducteur de trains on travaille seul avec des horaires de travail irréguliers : week-ends et jours fériés. Cela a une grande influence sur la vie privée. Ce rythme de travail et de sommeil n’est pas facile pour tout le monde. J’ai vite remarqué que je n’étais pas fait pour travailler seul toute ma vie : j’aime travailler en équipe, dialoguer… et avoir des horaires réguliers m’a permis de stabiliser ma vie sociale.

Mais être conducteur de trains a aussi ses atouts : on est notre propre chef, proche de la nature, très confortablement installé, la journée de travail passe très vite.

Je dois avouer que le rythme et la charge de travail se sont amplifiés avec mes changements de poste et mes heures de travail ont augmenté au fur et à mesure de mon évolution… mais cela ne me dérange pas, je reste motivé et je n’ai pas peur de travailler et relever de nouveaux défis.

Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à rejoindre les CFL ?

Je dirais qu’il faut tenter sans hésiter !

Bien que les CFL proposent une certaine sécurité de l’emploi, ce n’est pas pour autant une entreprise figée. En entrant aux CFL, on ne fait pas nécessairement le même métier pour le restant de notre carrière. Avant d’intégrer l’entreprise, je n’aurais jamais pu imaginer toute la panoplie de métiers présents aux CFL, ainsi que les nombreuses opportunités de mobilité interne. J’ai découvert l’univers et les opportunités qu’offre l’entreprise au fil des années.

Si la personne n’a pas peur de se lancer dans une aventure comme celle-ci, qu’elle jette un œil à notre site carrière : de nombreux postes sont ouverts dans des domaines spécifiques et variés : ferroviaire administratif, technologie, immobilier, innovation…